Roland Fojrin

Éditorialiste convaincu

Comment vivre sans eux?

Rédigé par Roland Fojrin 1 commentaire
C’est les larmes pleins les yeux que je rédige cet hommage. L’hécatombe que vient de subir le génie français cette semaine est la chose la plus éprouvante que j’ai vécu depuis la perte de mon portefeuille il y a trois mois. En effet, ce jour là, alors que je sortais d’une conférence à propos de la place de la France sur le marché des voitures de luxe, je me suis soudainement aperçu que ma poche de veston était vide. Un désarroi profond m’a alors saisi. Cette émotion, ce sentiment de vide qui vous saisit, je ne l’ai donc retrouvé que cette semaine suite à la disparition des grandes figures nationales qu’étaient Jean d’Ormesson et Johnny Hallyday.

Jean d’Ormesson aura apporté énormément à la vie intellectuelle française. Tout d’abord il avait réussi à faire taire au moins un peu ce diable de communiste Jean Ferrat en empêchant la diffusion d’une chanson qui remettait en cause les efforts de la France en Indochine. Certes, tout n’a pas été rose pendant cette guerre mais Monsieur d’Ormesson était parfaitement dans son droit de défendre les choix stratégiques de notre pays. Il est vrai qu’il avait le goût pour les choses violentes mais savait les décrire avec douceur, ainsi à propos du génocide Rwandais il déclara : « Ce sont des massacres grandioses dans des paysages sublimes. ». Voilà un homme qui avait perçu tout le sens tragique des événements de ce monde avec une poésie aussi éclatante qu’une grenade lancée au hasard dans un buisson vietnamien.


La prochaine fois que je perds mon portefeuille, c'est ce modèle que je prends.

Et puis, comme si un malheur ne suffisait pas, voilà que Johnny Hallyday, l’homme aux yeux de laser, nous a quitté. Je trouve d’ailleurs dommage qu’Emmanuel Macron n’ait pas songé à faire une cérémonie unique dans un souci de rapprochement de mondes parfois éloignés (et également, et ce n’est pas la moindre des choses, des économies substantielles auraient été faites en mutualisant les moyens). Les 700 « bikers » auraient eux aussi pu rendre hommage à « Jean d’O » avec des pétarades bien senties. Chanteur engagé lui aussi, Johnny avait eu des mots durs quand en 1981 le Parti Socialiste d’alors s’était perdu dans un projet confiscatoire inédit. Dans sa chanson « Signes extérieurs de richesse » sortie en 1983, qu’il a d’ailleurs lui même en partie écrite (ce qui est rare), Johnny Hallyday exprimait toute sa colère à l’encontre de ceux qui lui en voulaient de bien gagner sa vie : « Je vais gagner beaucoup d'argent / Et mourir pauvre, pauvre comme Job ». Il aura donc fallu attendre plus de 30 années avant que ce cri déchirant soit entendu et qu’un jeune homme fringuant décide de supprimer l’ISF. Pendant tout ce temps là, Jean d’Ormesson comme Johnny ont dû subir mille tracasseries à propos de leur fortune. Que leur mort ne soit pas vaine, qu’on comprenne enfin quelles souffrances ils ont dû endurer.

PS : que le lecteur ne s’inquiète pas outre mesure, j’avais simplement oublié mon portefeuille au bar de la salle de conférence.

1 commentaire

#1  - Taj a dit :

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